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Vidéo d’une intervention musclée des militaires le 23 avril

23 avril 2009

Les militaires s’en prennent violemment à un civil à Antananarivo, jeudi 23 avril lors de la répression de la manifestation de légalistes. Les militaires semblent être bloqués par un barrage de pierres. Ils tabassent ensuite le civil qu’ils soupçonnent d’avoir ériger le barrage. La personne qui filme la scène a été agressée mais se porterait bien.

Vidéo :

Daewoo Logistics pourrait retarder son vaste projet agricole à Madagascar

18 février 2009

Daewoo Logistics

La société sud-coréenne Daewoo Logistics a annoncé qu’elle pourrait retarder le vaste projet agricole en raison de la chute du prix du maïs, la crise mondiale rendant difficiles les levées de fonds, mais essentiellement en raison de l’instabilité politique à Madagascar.

« Nous pourrions devoir retarder notre projet d’investissement à Madagascar essentiellement en raison de l’instabilité politique qui y règne », a déclaré Shin Dong-hyun, directeur général du département financement et planification de Daewoo Logistics.

Daewoo Logistics avait conclu l’an passé un protocole d’accord avec le gouvernement pour la location de 1,3 million d’hectares de terres non cultivées pour produire de l’huile de palme et du maïs. Les projets restent proches de ceux présentés à la presse : planter 2.000 hectares de maïs au cours de l’année 2009, avant de s’étendre jusqu’à 1 million d’hectares de maïs dans la partie ouest de Madagascar, et 300.000 hectares dans l’est pour des plantations de palmier à huile.

Besoin d’investissements étrangers
La société sud-coréenne réaffirme que le projet est intéressant pour Madagascar. Il pourrait créer 71.000 emplois, et entraîner 6 milliards de dollars d’investissement en infrastructures : routes, chemins de fer, port, aménagements et écoles.

« Madagascar est un pays pauvre qui a besoin d’investissements étrangers pour son développement économique. Nous avons tout fait. Nous souhaitons encore investir là-bas, mais le gouvernement n’a pas pris toutes les mesures pour nous aider à aller plus loin dans notre investissement. Daewoo investit dans une région sous-développée à une époque où les grands investisseurs internationaux envisagent de réduire leurs investissements ou de se retirer du pays. (…) Nous espérons que Madagascar retrouvera la stabilité politique aussitôt que possible. Nous attendrons », a ajouté M. Shin.

Mis en lumière par le Financial Times en novembre 2008, ce vaste projet a suscité la colère à Madagascar et alimente la crise actuelle dans la Grande Ile, où la cession de terres à des étrangers est communément perçue comme une trahison.

Cette affaire a eu d’autant de plus de résonance quant on sait que 70% de la population est rurale. Elle met en effet en lumière une contradiction entre la redistribution des terres aux paysans prévue par une réforme majeure entamée en 2005 et l’ouverture de ce marché aux sociétés étrangères. La réforme foncière, l’une des plus symboliques et des plus ambitieuses menées par l’administration Ravalomanana, a cassé le principe de « domanialité » en vigueur depuis le début de la colonisation en 1896. Les paysans qui exploitaient depuis plusieurs années, voire plusieurs générations, une terre sur laquelle ils n’avaient aucun droit légal ont désormais la possibilité de la faire « certifier » grâce à une procédure simplifiée.

Location et non acquisition
Face à la persistance de la fausse information véhiculée partout, la société sud-coréenne Daewoo Logistics a récemment démenti qu’aucun acte d’attribution n’a été signé jusqu’à maintenant avec l’Etat et que la prospection parle de location et non d’acquisition. De même, le ministre de la Réforme Foncière, Marius Ratolojanahary, a souligné que les procédures sont encore en cours.

Notons que Daewoo fait partie des investisseurs internationaux ayant répondu à l’appel du gouvernement à investir dans le pays dans le cadre du développement rural.

Pour les analystes politiques, si le conflit politique ne s’apaise pas, de nombreux investisseurs étrangers risquent de se retirer du pays.

Lettre à Haja

26 avril 2009

A toi, Haja

Elle s’appelait Haja, elle travaillait au Boky Tonta à Ambohijatovo. Hier, 24 avril 2009, elle a eu le crâne fracassé par une balle perdue en essayant de fermer sa boutique.

Je venais souvent acheter, échanger des livres chez elle. Elle était serviable, elle était gentille, elle était sérieuse. Elle faisait partie de ces gens de peu, les laborieux, ceux qui travaillent en silence. Vous savez, ceux que vous n’entendez jamais hausser le ton ! Elle fait partie de ces gens qui ont quitté leur lointain village pour essayer de trouver du travail dans la capitale. Elle n’était pas la patronne, elle secondait la propriétaire et la remplaçait quand cette dernière était absente car elle était honnête et courageuse.

Il y a une semaine, elle m’a aidé à choisir des livres et elle qui ne parlait pas beaucoup d’habitude, m’avait confié qu’elle vivait, en permanence, dans l’angoisse : sur la route pour aller travailler ou pour rentrer le soir dans un quartier chaud tout toute la journée au travail. Elle m’a avoué que les affaires marchant déjà très mal, la boutique ne pouvait se permettre de fermer et qu’elle avait aussi peur de perdre son travail. Peur de tout : du chômage, des pickpockets, des casseurs, des militaires, d’être blessée, d’être tuée…

Savez vous que le marché des Boky Tonta d’Ambohijatovo fait partie des petits marchés pittoresques de Tana ? Ce sont des échoppes en bois ou les livres les plus hétéroclites s’entassent, se vendent, s’échangent. C’est aussi l’un des rares endroits de la capitale ou on peut acheter des vieux livres sur Madagascar. Le dernier catalogue de Surcouf côtoie le Tantaran’ny Andriana et les Fleurs du mal de Baudelaire ainsi qu’un précis de comptabilité !

Haja ne lisait pas beaucoup mais vous pouvez lui demander le dernier Harry Potter ou le Da Vinci code en version poche, elle vous le retrouvera en un rien de temps en fouillant dans un amoncellement invraisemblable de livres ! Tous les matins, Haja sortait les livres en mettant bien en valeur les nouveautés. Lors de cette « dernière fois », elle m’a dit : notre problème en cas de troubles c’est qu’il nous faut beaucoup de temps pour fermer. Ce n’est pas la porte métallique que l’on peut pousser très vite, il faut d’abord ranger les livres pour pouvoir mettre les plaques de bois faisant office de volets !

Et oui Haja, tu avais raison, çà prend du temps de fermer, le temps pour une balle d’arriver jusqu’à toi…

Aujourd’hui, à Ambohijatovo, pour te dire adieu, nous n’étions pas nombreux. Mais la plupart avait les larmes aux yeux en voyant ton cercueil en planche de sapin sur ce taxi-brousse, cet unique taxi-brousse qui va t’emmener vers ton Tanindrazana, là-bas ou tu n’allais pas souvent parce que c’est tellement cher le billet.

Nous étions là le cœur serré et la peur au ventre, sous l’œil impassible de militaires casqués et armés jusqu’aux dents… il paraît que Dieu ou les Grands de ce monde sont très occupés en Irak ou au Sri-lanka et qu’ils ne peuvent pas encore s’occuper de nous.

Pour cela il faudrait plus que la mort d’une jeune femme « insignifiante » qui s’appelait Haja.

Adieu et bonne chance à toi dans ta nouvelle vie. Puisses-tu y trouver la paix.

Je n’ai pas encore fini de lire le livre que tu m’as choisi…

Antananarivo le 25 avril 2009

Des employés des organismes internationaux ne veulent pas être complices de ce coup d’état

4 mai 2009

Leur sécurité menacée, et ne voulant pas être jugés « comme complices de ce coup d’état, » le réseau des employés des organismes internationaux (ONGs, bailleurs, ambassades, consuls, Nations Unies, agences de coopération) ont décidé de s’exprimer dans un communiqué.

« Comment pouvez-vous ne pas défendre les idéaux que vous prôner ? »

Il y dénonce « fermement », la position « inactive et floue de la communauté internationale » et leur « complicité passive aux agissements du régime en place. » Le réseau s’insurge sur les absences flagrantes de condamnation des institutions des exactions avérées du régime putschiste. Il fustige le mutisme ou l’aphasie des institutions, lors des violentes intrusions des militaires à l’hôpital HJRA, ou du doyen diplomatique qui a critiqué « officiellement l’Etat Malgache pour avoir fermé la télévision VIVA en décembre 2008 » mais qui « passe sous silence » la fermeture de Radio Mada et radio Fahazavana de l’église FJKM. « Comment pouvez-vous ne pas défendre les idéaux que vous prôner ? », poursuit le groupement des employés.

Divulgation de la vérité

Le réseau nous informe également que des tris seraient effectués au niveau des informations de ces organismes. Il ajoute que divulgation de la vérité sera faite face à « la désinformation et la rétention d’informations faites par certains employés occupant des postes stratégiques (…) pour manipuler l’opinion publique malgache et internationale ».

« Nous mettons ces employés en garde et les exhortons à laisser publier les vraies informations car nous connaissons la vérité et ne tarderons pas à les divulguer toutes les fois où il sera nécessaire de le faire. Nous sommes prêts à pousser le mouvement le plus loin possible si nous ne constatons aucune concrétisation honnête de la neutralité et de l’impartialité de la posit

Communiqué RRM Europe : « Crimes contre l’Humanité » à Madagascar

1 mai 2009

Communiqué RRM Europe :

« Crimes contre l’Humanité » à Madagascar

Liste des enlèvements et tortures

Grave insulte, à la Démocratie, aux Droits de l’Homme, au Peuple Malgache

Le Professeur Manandafy Rakotonirina, Premier Ministre du Gouvernement Ravalomanana, âgé de 70 ans, d’origine Betsileo, leader du mouvement MFM, un homme civil d’ouverture et de dialogue a été enlevé et torturé par des militaires CAPSAT du régime HAT de Andry Rajoelina le 29 avril 2009, comme de nombreux parlementaires, militaires et civils (voir ci-dessous la liste non exhaustive).

Conformément au Droit international humanitaire et au Droit international des Droits de l’homme, le Comité RRM-Europe demande à tous les Gouvernements et à toutes les Institutions du monde entier de cesser tout dialogue avec les « preneurs d’otages » et de condamner fermement les « Crimes contre l’humanité » perpétrés par le régime « putschiste », et les actes ignobles de la HAT qui bafouent les Droits de l’Homme et des citoyens malgaches.

Le Comité signale que le 24 avril dernier, l’Union Internationale des Parlementaires, a déjà condamné sévèrement les actes ignobles perpétrés aux parlementaires malgaches, qui sont formellement interdits dans les Conventions de Genève et par les Lois internationales.

L’UIP a prévenu, par ailleurs, que ces actes ne resteront pas impunis et des sanctions exemplaires seront prises à l’encontre du régime dictatorial, assassin et preneur d’otage représenté par Andry Rajoelina.

Le Comité demande une enquête internationale et la libération immédiate des otages, et réitère son appel à toutes les Forces vives de la Nation et les Organisations Internationales, qui ont d’ores et déjà condamné ce régime, à sanctionner ce régime sanguinaire pour l’accomplissement de la JUSTICE et le respect des DROITS HUMAINS.

Le Comité réitère son appel à la SADC pour assurer rapidement une « Sécurité humaine » pour le retour à l’Ordre Constitutionnel et le retour du Président légitime SEM Marc RAVALOMANANA, afin que les Droits internationaux et les Conventions de Genève soient respectés à Madagascar.

Le Comité appelle tous les Corps Diplomatiques présents à Madagascar à requérir de la situation de ces enlevés et disparus et d’informer le public par tous moyens qu’ils jugent utiles.

En conséquence, le Comité RRM-Europe condamne fermement ces enlèvements et ces tortures, et tient à apporter son soutien aux familles de toutes les victimes.

Au nom du Comité de Soutien de la Démocratie, de la Constitution et de la République Malgache – RRM Europe.

N.B. : « Crimes contre l’Humanité » :

Liste « non exhaustive » des derniers assassinats, enlèvements et tortures à Madagascar

29 avril 2009 : Enlèvement commandité par la HAT et mené par le commandant Charles Randrianasoavina de Capsat

Premier Ministre : le Professeur Manandafy RAKOTONIRINA

Secrétaire Générale du Teza : Madame Ihanta Randriamandranto

Colonel Théophile RAMANANDRAIBE, et quatre gardes de corps civils

Colonel Jacques HARIJAONA

Colonel DENIS

28 avril 2009 : Enlèvement commandité par la HAT et exécuté par des éléments de Capsat

Colonel Andrianandraina RALITERA, Chef de la sécurité de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) et ses collaborateurs

Garçon de 9 ans : tentative d’enlèvement, un des mutins a été chargé de faire une piqûre à la victime (Tentative de vols d’Organes humains ?)

24 avril 2009 : Action commanditée par la HAT et par des éléments de Capsat

Assassinat délibéré de Madame Haja, vendeuse de livres à la place de la démocratie à Ambohijatovo, sa tête a été fracassée par une balle réelle

Arrestations de plusieurs jeunes manifestants (es) : Disparus (es)

23 avril 2009 : Action commanditée par la HAT et par des éléments de Capsat

Arrestations abusifs et sans fondement de 6 étudiants (es) : Disparus (es)

23 avril 2009 : Enlèvement commandité par la HAT et mené par le commandant Charles Randrianasoavina de Capsat

Le Sénateur de Madagascar : Lanto RABENATOANDRO

Le Député de Betafo : JOELISON

Le Député de Mandoto : Raymond RAKOTOZANDRY

Le Député d’Ambatolampy : Mdrosoa RAKOTOMANDIMBINDRAIBE

Le Député de Faratsiho : Henri RANDRIANJATOVO

20 avril 2009 : Action commanditée par la HAT et par des éléments de Capsat

Assassinat de deux manifestants et une trentaine de blessés par balle

10 avril 2009 : Action commanditée par la HAT et par des éléments de Capsat

Tentative d’arrestation échouée du chef d’Etat-major, ancien CEMGAM Edmond RASOLOMAHANDRY, opération d’enlèvement menée par le Commandant Charles Randrianasoavina et le Commandant de la gendarmerie Lylison

28 mars 2009 : Action commanditée par la HAT et par des éléments de Capsat

Le Député de Analamanga : William René RAKOTO MAHEFARINORO : Disparu

Le Député de Fort-Dauphin : Yves Aimé RAKOTOARISOA, assassiné par un jet de grenade

17 mars 2009 : Action commanditée par la HAT et par des éléments de Capsat

Enlèvement du pasteur président de la FJKM et des 3 généraux à qui Ravalomanana a donné l’ordre de diriger le directoire militaire. Tous les quatre ont été libérés après avoir été torturés :

Pasteur Lala RASENDRAHASINA

Vice-amiral Hyppolite Raharison RAMAROSON

Général de division Lanto RABARISOA

Général de division Rivo RAZAFINDRALAMBO

17 mars 2009 : Action commanditée par la HAT et par des éléments de Capsat

Assassinat de gardes de corps : éléments de la Garde Présidentielle du Palais présidentiel d’IAVOLOHA.

17 mars 2009 : Action commanditée par la HAT et par des éléments de Capsat

Menace de mort perpétré par les mutins de la CAPSAT envers le Président de la République de Madagascar Marc RAVALOMANANA, l’obligeant à quitter le pouvoir.

11 mars 2009 : Action commanditée par la HAT et par des éléments de Capsat

Le Vice-amiral Mamy Solofoniaina RANAIVONIARIVO, Ministre de la défense a été forcé à démissionner sous menace d’armes par les mutins de la CAPSAT

Autres arrestations arbitraires et disparitions

Nous dénombrons jusqu’à ce jour quelques 300 adultes et enfants disparus dans tout Madagascar : Action commanditée par la HAT et par des éléments de Capsat

Dont :

  • 69 enfants enlevés, en majorité des adolescentes : « Viols et vols d’organes humains ?»
  • Mahavonjiniaina ANDRIAMAHAVONJY : un fonctionnaire, arrêté, torturé et enlevé pour avoir dit : « ne tuez pas les malgaches »
  • RAZILY, « le porteur du Drapeau Malagasy » : Arrêté, torturé, et enlevé
  • SONIA, « l’animatrice de la télévision MBS » : Arrêtée, torturée, et enlevée

Plusieurs cas d’arrestations arbitraires, de disparitions et d’exactions sont perpétrés en provinces et à Antananarivo, mais sont non répertoriés ; les familles des victimes sont intimidés par les mutins et ont peur de porter plainte ; beaucoup de corps assassinés de civils lors des opérations de représailles ont été subtilisés dans les hôpitaux par les mutins ; des preuves par photos et vidéos existent.

Il faut noter que ces pratiques de la HAT sont fermement condamnées par les Nations Unies: “Nul ne sera soumis a la torture, ni a des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants” “Nul ne peut être arbitrairement arrêté »: article 5 et l’article 9 de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

La participation engagée de la République de Madagascar dans le concert des Nations et faisant siennes, et selon la Constitution, la HAT est condamnable pour avoir enfreins :

  • la Charte Internationale des droits de l’homme
  • la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples
  • les Conventions relatives aux droits de la femme et de l’enfant

De facto, la proposition de la HAT pour une organisation des élections en 2009 n’est ni légitime ni crédible selon les conventions internationales.

Le 21ème siècle est l’ère des Droits de l’Homme et de la Justice internationale, et c’est pourquoi les Malgaches et toute la Communauté internationale condamnent fortement le coup d’Etat, le « génocide » et les « Crimes contre l’humanité » du gouvernement fantoche « HAT » de Andry Rajoelina et consorts.

Le retour rapide du Président de la République Malgache SEM Marc RAVALOMANANA avec l’armée de la SADC et le retour rapide à l’Ordre constitutionnel sont les seules solutions crédibles et constitutionnelles pour une garantie de la restauration de la Paix civile et de la Sécurité à Madagascar.

Au nom du Comité de Soutien de la Démocratie, de la Constitution, et de la République Malgache – RRM EuropeRedaction

Discours de Ravalomanana au sommet extraordinaire de la SADC le 30 mars

1 avril 2009

(Traduction libre)

Votre Majesté le roi Mswati III

Votre Excellence, le président Motlanthe,

Votre Excellence, le secrétaire exécutif de la SADC,

Vos Excellences,

Chers Ministres,

Mesdames et Messieurs,

J’aimerais remercié sa Majesté le roi Mswati III et le president Motlanthe pour avoir convenu de tenir ce sommet extraordinaire de la SADC.

A différentes occasions, la SADC a pu évaluer la situation sur le terrain et rendu compte de la réalité à sa Majesté le roi et au président Molanthe.

La mission ministérielle menée par le ministre des affaires étrangères du royaume du Swaziland a pu aussi évaluer la situation qui était déjà très tendue. C’est pourquoi ce sommet est très important pour le peuple de Madagascar. Son avenir dépend de ce qui va en ressortir.

Votre Majesté, vos Excellences, je n’ai jamais démissionné, j’ai été forcé de transmettre mon pouvoir sous la menace d’armes ce 17 mars.

Ma famille et moi étions encerclés par des soldats qui menaçaient nos vies. Mon fils et sa femme ont été obligés de se cacher dans la forêt.

Le seul échappatoire pour nous était de quitter le pays.

Andry Rajoelina, l’ancien maire de la capitale, Antananarivo, a pris le pouvoir par le terrorisme. Il a provoqué des actes de violences et de destructions sans précédents. Et cela depuis le 26 janvier.

La radio et la télévision nationales ont été brûlées et plus de 20 magasins et centres commerciaux ont été pillés et brûlés. Rajoelina a utilisé sa propre radio et chaîne de télévision pour appeler à des troubles.

Grâce à ces stations, il a répandu des rumeurs contre le gouvernement.

Il a utilise cette stratégie pour :

1. Terroriser la population et

2. Déstabiliser le pays

L’économie est dans une situation catastrophique. Des centaines d’entreprises ont du fermer à cause des pillages. Les forces de sécurité n’ont pu arrêter cette vague de destruction par manque de matériels anti émeutes. Ils ont été submergés par la gravité de cette violence organisée.

Andry Rajoelina déclara très tôt qu’il voulait prendre le contrôle du pays. Le 31 janvier il dit au pays tout entier qu’il était le nouveau leader et déclara à l’administration et aux forces de sécurité qu’elles étaient désormais sous ses ordres. Et jour après jour, il organisa des démonstrations quotidiennes pour le secteur public et le secteur privé.

Le 7 février, il s’autoproclama « President de la Haute Autorité de Transition ». Il nomma un premier ministre qui mit en place un gouvernement. Tout ceci se déroula durant des manifestations de rue. Par la suite il essaya de prendre le palais présidentiel et les ministères mais en vain.

Au fûr et à mesure que ses intentions de prendre le pouvoir de manière illégale devenaient flagrantes, et que la violence persistait, il commença à perdre des soutiens. Dans des discours, il commença à menacer des citoyens : ceux qui ne voulaient pas participer avaient leurs maisons marquées. Son équipe commença à menacer des ministres, des députés, des sénateurs, et des gérants de média. Deux journaux arrêtèrent de publier.

Il annonça ensuite qu’il prendrait le pouvoir à l’aide des forces armées. Le dimanche 8 mars, il organisa une mutinerie au sein d’une faction de l’armée. Des sous officiers se rebellèrent contre leurs supérieurs. Certains officiers avaient été pris en otage dans un camp de l’armée.

Sa ministre de la Justice lança des mandats d’arrêt contre des membres du gouvernement. Avec l’aide des mutins il prit le bureau du Premier Ministre le 13.

Trois jours plus tard, les soldats mutins prirent le palais présidentiel dans la ville.

Le mardi 17, il envoya des troupes prendre le palais présidentiel à Iavoloha où je résidais et où je travaillais. Ils dispersèrent des milliers de mes partisans en dehors du palais avant de l’attaquer.

Le même jour, les soldats mutins ont attaqué une réunion. Ils ont pointé leurs armes sur des diplomates, des hautes personnalités de l’Eglise et de l’armée. Ils ont même pris un haut gradé de l’armée et un pasteur en otage. Ils réclamaient que le pouvoir soit transmis à Rajoelina.

Dès qu’il s’empara du pouvoir, Rajoelina dissout le Parlement. Il modifia aussi la Constitution en changeant le structure de la Haute Cour Constitutionnelle. En conséquence, 10 des 11 membres étaient nommés par lui et son gouvernement.

Le peuple de Madagascar ne veut pas d’un régime non démocratique. Depuis une semaine, les gens manifestent contre cela et réclament mon retour. Plus de 30 000 personnes ont manifesté ce samedi. Malheureusement, la violence et l’intimidation continuent de prévaloir. Après les manifestations de samedi, un groupe de soldats rebelles et des miliciens ont chassé les personnes qui manifestaient pacifiquement dans la capitale à Antananarivo. Ils ont tiré sur des manifestants. Il y a eu 7 morts et plus de 30 blessés. Des personnes sont portées disparues. Certaines ont été arrêtées.

Votre Majesté, vos Excellences, je suis si attristé par cela. Madagascar s’en sortait si bien. Nous étions classé parmi les économies les plus dynamiques d’Afrique subsaharienne avec un taux de croissance au dessus de 7%. Désormais il y a une véritable perte de confiance en les affaires à Madagascar. Les investisseurs fuient, la communauté internationale retire son soutien. Ce sont les populations les plus pauvres de Madagascar qui vont en souffrir le plus. Elles ne le méritent pas.

Votre Majesté, vos Excellences, ces derniers mois ont été une période très très douloureuse de ma vie. Je suis attristé par les pertes en vies humaines, par la destruction incompréhensible de tout ce que nous avons accompli.

Votre Majesté, vos Excellences, la seule solution à cette crise est le retour au pouvoir du gouvernement démocratiquement élu. C’est ce que le peuple de Madagascar réclame. C’est pourquoi il y a eu des manifestations quotidiennes dans différents endroits du pays pour demander mon retour. Le coup d’Etat et l’actuel régime sont en train de détruire Madagascar tous les jours. Une partie de l’armée est hors de contrôle. Les fonctionnaires sont en grève. Les fonds du gouvernement ont été retirés. La population refuse de payer des taxes à un gouvernement non élu.

Pour toutes ces raisons, je demande votre aide pour sauver Madagascar du chaos et de l’anarchie. J’ai besoin de votre aide pour revenir dans mon pays. La situation qui prévaut à Madagascar est inacceptable. L’Etat de droit et la démocratie doivent être restaurés.

Une fois revenu au pouvoir, je prendrai les mesures suivantes :

  • 1. Mettre en place un gouvernement de consensus et inclusif
  • 2. Mettre en place une Commission Électorale indépendante
  • 3. Restructurer et reformer l’armée et la police avec l’aide de la SADC et d’autres partenaires
  • 4. Améliorer l’atmosphère des affaires
  • 5. Assurer que l’Etat de droit soit respecté
  • 6. Tenir des consultations nationales sous la forme d’un référendum ou d’une élection présidentielle anticipée

En conclusion, je fais un appel solennel à la SADC pour qu’elle intervienne pour déloger les insurgés et restaurer la démocratie dans mon pays.

Je remercie le président Motlanthe, le président de la SADC, le roi Mswati III, le président des comités en charge de la politique, de la défense et de la sécurité de la SADC, et tous les chefs d’Etat et de gouvernement qui ont assisté à ce sommet.

Merci pour votre présence merci pour votre compassion. J’ai pleinement confiance en la solidarité et le soutien mutuel entre membre de la SADC.

Merci.

Version originale
Your Majesty King Mswati the Third,

Your Excellency, President Motlanthe,

Your Excellency, the Executive Secretary of SADC,

Your Excellencies,

Honorable Ministers,

Ladies and Gentlemen,

I would like to thank His Majesty King Mswati the Third (III) and President Motlanthe for convening this extraordinary SADC summit.

On different occasions, SADC has assessed the situation on the ground and made its report to both His Majesty and President Motlanthe.

The Ministerial mission, led by the Minister of Foreign Affairs of the Kingdom of Swaziland, could also assess the situation, which was already very tense.

That is why this summit is very important for the people of Madagascar. Their future depends on its outcome.

Majesty; Excellencies, I never resigned. I was forced to hand power over, at gun point, on March the 17th.

My family and I, were surrounded by soldiers threatening our lives. My son and his wife were forced to hide in the forest.

The only escape for us was out of the country.

Andry Rajoelina, the former Mayor of the Capital, Antananarivo, seized power through terrorism. He has incited unprecedented violence and destruction. And this since the 26th of January.

National and private radio and television stations were burnt down, and more than 20 shopping centres were looted and burnt down. Rajoelina used his own radio and Television stations for subversive propaganda.

Through these stations, he spread rumors against the government.

He made use of this strategy to:

1) terrorize the population and

2) destabilize the country.

The economy has been ruined: hundreds of businesses had to close down due to looting.

The security forces could not prevent the wave of destruction because they lacked anti riot equipment. They were overwhelmed by the scope of organized violence.

Andry Rajoelina claimed very early that he wanted to take charge of the country. On the 31st of January, he ordered the whole country to follow his leadership.

He told the administration and security forces they were under his command. And day by day, he orchestrated disruptive demonstrations, for both the public, and the private sector.

On the 7th of February, he proclaimed himself ‘president of the Higher Authority of Transition’. He appointed a prime minister, who named a cabinet of ministers.

All this occurred during street rallies. He then attempted to take over the presidential palace and the ministries. He did not succeed at this stage.

As his intentions of taking over power illegally became apparent, and the violence continued, he began losing support.

In speeches, he began threatening citizens: those unwilling to participate, would have their houses marked. His team began sending threats to ministers, MPs, senators, and media managers. Two newspapers had to stop publishing.

He then announced he would seize power with the help of armed forces. On Sunday the 8th of March, he organized a mutiny within a faction of the army. Junior officers rebelled against senior officers. Some officers were taken hostage at the army barracks.

His ‘Minister of Justice’ issued arrest warrants against members of the cabinet. With the help of the mutineers, he took the prime minister’s office on Friday the 13th.

Three days later, the mutinous soldiers took the Presidential palace in town.

On Tuesday the 17th, he sent troops to take the State Palace of Iavoloha, where I used to reside and work. They dispersed thousands of supporters camped outside the Palace, before they stormed it.

On the same day, mutinous officers stormed a meeting. They pointed guns at diplomats, senior members of the church, of the civil society, and of the army. They even took high ranking officers and a pastor hostage. They demanded power be handed over to Rajoelina.

As soon as he took power, Rajoelina dissolved Parliament and the Cabinet. He has also modified the Constitution, by changing the structure of the High Constitutional Court. As a result, 10 out of the 11 members are appointed by him and his government.

The people of Madagascar do not want this undemocratic regime. For over a week, people have been demonstrating against it, and asking for my return. Over 30 000 people were protesting last Saturday.

Unfortunately, violence and intimidation still prevail. After last Saturday’s demonstration, a group of rebellious soldiers and some militiamen chased the people who held the peaceful demonstration in the Capital, Antananarivo.

They shot at the demonstrators. As a result, 7 died, and more than 30 were injured. Several people are missing. Many were arrested.

Your Majesty, Excellencies, I am so saddened by this. Madagascar was doing so well. We were ranked among the best performing economies in Sub Saharan Africa with a growth rate of above 7% last year. Now there is total loss of business confidence in Madagascar.

Investors are pulling out, the international community is withdrawing its support. The poorest people of Madagascar are the ones who will suffer the most. Surely they do not deserve this.

Your Majesty, Your Excellencies, these last few months have been a very very painful episode of my life. I am saddened by the futile loss of lives, the senseless destruction of everything we had achieved.

Your Majesty, Your Excellencies, the only solution to this crisis is to return the democratically elected Government back to power. This is what the people of Madagascar are calling for.

This is why there are rallies in different parts of the country on a daily basis, asking for my return.

The coup and the current regime are destroying Madagascar every day. A faction of the army is out of control. Civil servants are on strike. The government’s funds have been withdrawn. People refuse to pay taxes to an undemocratic government.

For all these reasons, I ask for your help to save Madagascar from chaos and anarchy. I need your assistance to go back to my country. The situation prevailing in Madagascar is unacceptable. The rule of law and democracy must be restored.

Once back in power I will undertake the following:-

1. Constitute a new consensus inclusive Government.

2. Establish an Independent Electoral Commission

3. Restructure and retrain the army and the police, with the assistance of SADC and other partners

4. Improve the business climate

5. Ensure that the rule of law is observed

6. Hold national consultations for either a referendum or anticipated presidential elections

In conclusion, I make a special plea for an intervention of SADC to remove the insurgents and restore democracy in my country.

I must thank President Molanthe, the Chaiperson of SADC, and King Mswati The Third, the chairperson of the SADC Organ on Politics, Defense and Security, and all the heads of State and government who have attended the Summit.

Thank you for your assistance and compassion. I have full confidence in the solidarity and the mutual support between members of the SADC.

Thank you.

Communiqué SEFAFI (Observatoire de la vie publique)

6 mars 2009

SEHATRA FANARAHA-MASO NY FIAINAM-PIRENENA
SE.FA.FI

Observatoire de la Vie Publique
Immeuble Ramaholimihaso
Rue Rajakoba xxxxx (Ankadivato) Antananarivo

Tél. : 22 663 99 Fax : 22 663 59 Email :mrcabram@wanadoo.mg

LA FORCE NE RÉSOUT PAS LES PROBLÈMES

Interpellation

Voilà près de deux mois qu’une partie la population malgache manifeste de manière pacifique contre ses dirigeants. D’abord limitée à la capitale Antananarivo, la fronde s’étend aujourd’hui à l’ensemble de l’Île. Cette
extension du mouvement montre que le problème est national : il devra donc être traité à l’échelle de la nation.

L’une des raisons du blocage vient de ce que le pouvoir refuse de donner à la population les informations qu’elle est en droit de connaître pour se faire une idée objective de la situation. L’incendie de la station MBS, au premier jour des affrontements, est symptomatique du refus d’être manipulé par une information censurée. En 2002, le candidat Marc Ravalomanana avait protesté parce qu’il n’avait accès ni à la RNM, ni à la TVM ; aujourd’hui, c’est lui qui interdit l’accès des opposants aux média publics, et la couverture nationale aux chaînes privées. La fermeture de la télévision Viva en décembre dernier avait été le déclencheur de la crise ; à présent, les émissions de radio Antsiva, de radio Viva et de TVPlus sont brouillées. Cette question ne pourra être résolue tant que toutes les sensibilités et toutes les opinions de la société n’auront pas un accès libre et impartial aux médias publics : c’est là un droit imprescriptible de tous citoyens, dans tous les pays. L’article 10 de la Constitution malgache pose les principes des libertés d’opinion et d’expression, de communication et de presse. L’article 11 de la Loi fondamentale réaffirme que « tout individu à
droit à l’information. L’information sous toutes ses formes n’est soumise à aucune contrainte préalable ». Le SeFaFi exige donc, dès à présent, l’accès libre de tous à tous les médias publics et privés. Le président de la République, étant chargé de veiller au respect de la Constitution, a le devoir de protéger les droits individuels et les libertés fondamentales.

Mais si la crise dure et se radicalise davantage chaque jour, c’est aussi et surtout une absence de volonté de trouver une solution négociée à la crise actuelle. Le FFKM (Conseil chrétien des églises de Madagascar) et la communauté internationale, et en particulier les Nations unies, qui jouent les bons offices, se doivent d’être fermes face aux manquements à la négociation. D’autre part, le recours à la force n’a jamais été une solution pour résoudre une crise politique. Cette politique ne peut qu’aboutir aux massacres dont notre pays est malheureusement devenu coutumier, et dont celui du 7 février 2009 est la dernière illustration, sans parler des morts au cours des manifestations
dans les différentes régions du pays. Elle porte en elle-même les germes de son échec, car si l’usage de la force impose la soumission extérieure, il entretient en même temps la résistance des esprits et des cœurs. Et l’histoire montre que le peuple malgache sait faire preuve de la constance et de l’obstination voulues pour que lui soient reconnus les droits
légitimes dont il s’estime dépossédé.

Devant l’impasse dans laquelle se trouve le pays, et en raison de l’urgence d’une solution qui exclut tout recours à la violence, le SeFaFi s’autorise alors à interpeller les principaux acteurs de cette crise. Aux chefs militaires, nous redisons ce que leur avait enjoint le Collectif des citoyens et des organisations citoyennes, le 2 mars dernier : « face aux pressions politiques diverses que subissent les forces [de l’ordre], il convient de rappeler que, dans l’accomplissement de leurs missions, elles doivent également veiller à l’exercice de la justice et à la protection du
droit à la vie ». Au cours des différentes crises politiques qui ont secoué Madagascar depuis l’indépendance, les forces armées ont toujours été le dernier recours avec les Eglises. L’armée nationale, la gendarmerie nationale et la police nationale sont les symboles de la souveraineté nationale. L’existence de milices privées et la présence de mercenaires
étrangers constituent une atteinte grave à cette souveraineté et une offense à l’honneur des forces armées.

Au chef suprême des armées, le président Marc Ravalomanana, nous rappelons que les citoyens jouissent du droit de réunion et de manifestation. Le non respect de ces droits est inconciliable avec l’ordre public, et le recours à
la force, et surtout celle des armes, est un comportement anti-démocratique. Les plaintes et revendications émises par les manifestants sont graves : elles doivent être prises en compte et mener, le cas échant, à de solutions
exceptionnelles.

Aux Eglises, nous demandons d’exercer leur rôle de médiation comme un ministère évangélique. Ce faisant, qu’elles restent fidèles à leur mission religieuse et soient guidées par la justice et la vérité, sans lesquelles il n’est pas de réconciliation. Il serait inconcevable que des responsables d’Eglises agissent par ambition politique, par amour de l’argent ou par goût des honneurs.

A tous les responsables du régime, et en particulier les ministres et les parlementaires, nous rappelons les exigences morales de leur engagement. Prendre une responsabilité politique, c’est rechercher le bien de la population et œuvrer pour l’intérêt général, et non pas ses avantages personnels ; c’est se mettre au service de l’intérêt général du pays, et non pas de certains intérêts particuliers. C’est aussi accepter de remettre en question sa légitimité d’élu ou de décideur, si la population manifeste ouvertement son désaccord avec la manière dont le pays est géré.

Aux représentants de la « communauté internationale », enfin, le SeFaFi rappelle que la légalité constitutionnelle aurait du être invoquée (et ses manquements dénoncés) à tout moment, et pas seulement par ces temps de
crise. Il en va de même pour la bonne gestion de l’argent public et du bon usage de l’aide étrangère. Car une légalité sans adhésion populaire est souvent le paravent de dictatures qui ne disent pas leur nom, surtout lorsque les élections conformes à la légalité ne permettent pas l’alternance démocratique. Et de bonnes négociations peuvent aboutir à des changements constitutionnels considérables, comme ce fut le cas en 1972 et en 1991…

Le SeFaFi tient également à rappeler à la communauté internationale que la légalité constitutionnelle ne se limite pas au simple respect des institutions démocratiquement élues. Elle comprend également les droits fondamentaux et libertés publiques dont les individus peuvent se prévaloir devant les gouvernants, notamment ceux des articles 10 et 11 de la Constitution précités ainsi que les principes posés par le préambule de la Loi fondamentale.

Le Préambule de la Constitution malgache fait expressément référence à la Charte Internationale des Droits de l’homme, qui comprend la Déclaration universelle des droits de l’homme. Il appartient à la communauté internationale de faire respecter notamment l’article 19 de la Déclaration : « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de rechercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontières, les informations et les idées par quelque moyen que ce soit » et l’article 20.1 : « Toute personne a droit à la liberté de réunion et d’association pacifiques ».

Le SeFaFi interpelle l’Union africaine qu’elle a le devoir de faire respecter la Charte Africaine des Droits de l’homme et des Peuples, et en particulier les dispositions suivantes :
Article 4 : « La personne humaine est inviolable. Tout être humain a droit au respect de sa vie et à l’intégrité physique et morale de sa personne. »
Article 6 : « Tout individu a droit à la liberté et à la sécurité de sa personne. Nul ne peut être privé de sa liberté sauf pour des motifs et dans des conditions préalablement déterminés par la loi, en particulier nul ne peut être arrêté ou détenu arbitrairement ».
Article 9 : « 1. Toute personne a droit à l’information 2. Toute personne a le droit d’exprimer et de diffuser ses opinions dans le cadre des lois et règlements ».

Le respect de la légalité constitutionnelle ne peut être partiel et partial.

Aux Eglises et à la communauté internationale, nous demandons de passer du stade des bons offices à celui d’une vraie médiation. Les bons offices et la médiation sont constitués par l’entremise d’un tiers dont le concours a pour
objet de faciliter un accord entre les parties à un différend. Les bons offices excluent toute solution proposée par un tiers : ils se bornent à susciter les négociations et à rapprocher les parties. Le médiateur, par contre, est habilité à proposer des solutions. Le désastre économique et la destruction du tissu social, conséquences directes de la crise politique actuelle, exigent que soit désormais pratiquée une vraie médiation.

CAPSAT : retour en vidéos sur les “bras armés” d’Andry Rajoelina

27 mars 2009 Andry Rajoelina n'a de cesse de s'afficher aux côtés de ses bras armés du Capsat, ici son cortège se dirigeant au 13 Mai

Andry Rajoelina n’a de cesse de s’afficher aux côtés de ses bras armés du Capsat, ici son cortège à Antananarivo

Le 17 mars, le pasteur Lala Rasendrahasina, président du FJKM, ainsi que les généraux en charge du directoire militaire, ont été kidnappés manu militari par des « militaires » du CAPSAT, camp à l’origine de la mutinerie qui a abouti sur le soutien de l’armée à Andry Rajoelina. Les représentants de la communauté internationale furent les témoins de cet évènement, l’ambassadeur des USA a affirmé avoir été témoin de « choses inacceptables en matière de Droits de l’Homme ».

Andry Rajoelina doit la réussite de son coup d’Etat à ce régiment qui l’a accompagné étape par étape dans sa conquête du pouvoir, de la démission sous contrainte du ministre de la défense, le vice Amiral Ranaivoniarivo, en passant par les démonstrations d’armes lourdes sur la place du 13 Mai sans oublier les kidnappings de généraux à Antanimena. Pourtant durant la crise, les mutins du CAPSAT avaient expliqué leur désobéissance à la hiérarchie en prétextant que leur « mission au sein de l’EMMO (armée) n’a pas un caractère de maintien de l’ordre, mais de forces répressives en charge de faire régner la terreur dans la ville. » C’est peut-être déjà chose faite.

En tout cas sur la vidéo, on constate clairement que ce sont les officiers qui donnent des ordres à leurs supérieurs témoignant ainsi d’un vrai manque de discipline et d’une non respect de la hiérarchie. Ils contestent de manière très virulente la possibilité de créer un « directoire militaire ». Un des mutins menace même avec sa Kalachnikov d’arrêter par la force s’il le faut les tractations qui continuaient de se dérouler entre les généraux du directoire militaire et les émissaires étrangers. D’autres officiers, très impatients, ont voulu procéder à « l’arrestation » immédiate des dits généraux sans attendre d’ordre de leur supérieur puis sortir de force les émissaires étrangers. Au final ils ont eu gain de cause puisque les généraux sont alors emmenés au camps rebelle du CAPSAT.

Démission sous contrainte du ministre de la défense, le vice Amiral Ranaivoniarivo

Le CAPSAT refuse le directoire militaire

Kidnapping du pasteur Lala Rasendrahasina, président du FJKM

Les généraux chargés du directoire militaire encoffrés

Andry Rajoelina envoie ses partisans sur Ambotsirohitra (Vidéo+Photos)

8 février 2009

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La journée de samedi a marqué un tournant dans la crise ouverte depuis mi-décembre entre l’ancien maire de la capitale Andry Rajoelina, et le président de la République Marc Ravalomanana.

Durant la manifestation organisée samedi sur la Place du 13 mai, Andry Rajoelina concrétise sa tentative de coup d’Etat et nomme Monja Roindefo Premier Ministre de son Gouvernement de Transition. M. Rajoelina se déclare Président de la « Haute Autorité pour la Transition » et lance ensuite à la foule qu’il fait don du Palais Présidentiel à son Premier Ministre. Accompagnés de leurs partisans, ils marchent alors vers Ambohitsorohitra.

Suite en images et en vidéo…

Témoignage poignant d’un travailleur social sur les réalités à la campagne

1 février 2009

Je suis un travailleur social et donc assujettie à un droit de réserve et de neutralité. Ce qui est dit sur « l’amertume et les humiliations » du peuple me laisse quelque peu dubitative. Je suis les trois quart du temps sur le terrain, en brousse dans les coins les plus reculés de Madagascar. Il m’arrive de marcher des jours durant, de traverser des rivières à guet pour pouvoir joindre des hameaux isolés et enclavés. A ce titre, je peux témoigner de la pauvreté qui existe dans notre pays, des difficultés auxquelles la population fait face au quotidien. Il y a des situations poignantes où la population n’est même pas consciente de ses droits basiques. Toutefois, de l’avis des personnes interrogées, qui n’ont pas d’autres moyens de s’exprimer et de faire entendre leur voix, il y a un changement dans leur vie. L’accès géographique aux services sociaux s’améliore, les écoles et centres de santé se rapprochent d’eux, il y a de nouveaux puits et ils peuvent donc avoir de l’eau potable. Les nouvelles routes leur permettent de faire sortir leurs produits les mettant à l’abri des collecteurs véreux. Certes cela ne couvre pas encore tout le pays mais au moins il y a un commencement ! Et je suis convaincue que c’est cette population qui est la base du développement. C’est donc au nom  de cette population longtemps oubliée par les régimes qui se sont succédé et qui a maintenant une lueur d’espoir que je réagis ici. Aujourd’hui elle est une fois de plus ignorée par ceux qui se targuent d’être la voix du peuple et qui ignorent pourtant ce qui se passe vraiment dans le pays !

Je voudrais également attirer l’attention de tous sur le fait que la crise alimentaire mondiale de 2008, et qui va probablement encore continuer cette année, n’a pas touché Madagascar, et ce malgré la pauvreté des gens. Des enquêtes nutritionnelles menées dans les grands centres urbains et dans les zones fortement touchées par les cyclones montrent que Madagascar n’a pas eu d’urgences nutritionnelles jusqu’à la fin de l’année 2008. Ceci parce que le gouvernement a su gérer le stock de riz dans le pays. Sommes nous conscients que sans cette gestion la situation aurait été catastrophique, non seulement pour ces populations vulnérables mais aussi pour nous tous !

N’ayant pas les compétences pour donner un avis sur l’économie, je me suis contenté de ne parler que du développement social que je vis au quotidien. Le développement social est en cours et il serait criminel de l’arrêter en si bon chemin !

Je déplore que nous, citadins et intellectuels de tous bords, ne regardions que ce qui nous concerne et que nous ne voyons pas plus loin que notre petit microcosme. Je pense et espère que tous les appels qui sont lancés actuellement sont animés par un sentiment patriotique et citoyen mais, s’il vous plaît, faisons le de manière éclairée. Efforçons nous à connaître la réalité dans notre pays avant de décider du sort des 85% de Malagasy restants !