Répression meurtrière de la manifestation des légalistes [+Photos]

21 avril 2009Des grenades lacrymogènes lancées atterrissent dans une école EPP à Anosy, Antananarivo - Madagascar (20/04)

Des grenades lacrymogènes lancées atterrissent dans une école EPP à Anosy, Antananarivo – Madagascar (20/04)

La répression violente de la manifestation par les forces de l’ordre à Anosy a fait deux morts et au moins 13 personnes blessées par balle, dont 5 grièvement selon un bilan provisoire de l’HJRA.

Plusieurs milliers de légalistes, partisans de Marc Ravalomanana et opposants à Andry Rajoelina, le nouvel homme fort de Madagascar, s’étaient rassemblés lundi à Ambohijatovo avant de se déplacer vers la HCC pour demander « une explication sur la mise en place de la HAT au regard de la constitution. »

La marche pacifique s’est ensuite dirigée vers le tribunal d’Anosy pour y déposer une plainte et une requête pour la restitution des matériels de la télé et la radio Mada, saisis par les militaires la veille. Une porte fermée a accueilli les légalistes à leur arrivée.

Peu de temps après, des militaires et des policiers sont intervenus et ont fait feu sur les manifestants et sans sommation d’après les témoins. Les tirs ont touché une personne alors qu’il prenait la fuite. Il est touché à la tête et meurt sur le coup. Il est ensuite transporter à l’HJRA toute proche ainsi que plusieurs autres blessés. Un des responsables de l’hôpital aurait dans un premier temps refusé de les accueillir, affirme plusieurs manifestants.

D’autres ont bravé la répression et ont brandis à genoux les drapeaux devant les militaires (voir photo). Les tirs de grenades lacrymogènes et assourdissantes se faisaient sans retenu. La proximité des écoles primaires (voir photo) n’a pas inquiété les militaires guidées par des hommes armés dans un 4×4 flambant neuf. Un enfant a été tué et nul ne sait s’il était de l’école ou pas.

L’affrontement a duré jusqu’en fin d’après-midi, opposant les forces de l’ordre armés et les manifestants qui leur jetaient des cailloux.

Les forces de l’ordre se sont ensuite rendues à l’hôpital HJRA pour « récupérer les cadavres et les cacher comme ils ont l’habitude de faire, » mais « sans succès », selon un légaliste sur les lieux.

Antananarivo 20-04-2009
Antananarivo 20-04-2009